Le Syndicat National des Assistants de Service Social de l’Éducation nationale UNSA exprime sa profonde émotion à la suite du décès de Lyhanna, qui rappelle avec une brutalité insoutenable les conséquences dramatiques des violences sexuelles commises sur les mineurs.

Face à de tels faits, il est indispensable d’exiger que les signalements et les plaintes concernant des violences faites aux enfants soient traités avec la plus grande rapidité et la plus grande rigueur. Chaque retard dans la prise en compte de la parole d’un enfant ou d’un adolescent peut avoir des conséquences irréversibles. La protection de l’enfance doit constituer une priorité absolue pour l’ensemble des institutions concernées.

 Au sein de l’Éducation nationale, les assistants de service social y contribuent quotidiennement par leur présence auprès des élèves et le repérage et l’accompagnement de ceux d’entre eux confrontés à des situations de violence, de maltraitance, de précarité ou de détresse psychologique.  

Pour traiter efficacement une situation grave de violences, encore faut il la repérer et aider l’élève à la dénoncer.  Cependant , limiter le débat à la seule question du traitement des plaintes serait une erreur.

Cette tragédie met une nouvelle fois en lumière la nécessité absolue de renforcer les moyens humains consacrés à la prévention et au repérage. C’est l’urgence que le SNASEN UNSA dénonçait déjà en décembre dernier, chiffres à l’appui, en alertant sur l’augmentation vertigineuse de 49 % des signalements en un an. Derrière tous ces écrits transmis par nos collègues, c’est tout un système de prévention et d’accompagnement des jeunes en souffrance qui s’effondre aujourd’hui faute d’effectifs.

La protection des enfants ne peut reposer uniquement sur l’intervention après les faits.

Les effectifs du service social des élèves demeurent très insuffisants au regard des besoins. Dans de nombreux territoires, un seul professionnel doit accompagner plusieurs milliers d’élèves, rendant impossible une action préventive à la hauteur des enjeux. Dans un contexte où de nombreuses violences sexuelles prennent racine dès l’enfance, il est paradoxal que le service social de l’Éducation nationale ne soit toujours pas présent dans les écoles primaires, là où le repérage précoce et la prévention pourraient pourtant faire la différence.

La prévention des violences sexuelles envers les mineurs doit devenir une véritable politique publique. Cela suppose de développer l’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle, de renforcer la formation des professionnels, de faciliter l’accès aux dispositifs d’écoute et de soins, mais aussi d’assurer une présence suffisante de professionnels de la protection de l’enfance dans les établissements scolaires.

Rappelons également une réalité documentée par de nombreuses études : une proportion importante des auteurs de violences sexuelles sur mineurs ont eux-mêmes été exposés à des violences, des abus ou des traumatismes durant leur enfance.

Sans  excuser les actes commis ni atténuer la responsabilité des auteurs, ce constat  rappelle au contraire l’importance d’intervenir le plus tôt possible auprès des enfants victimes, afin de prévenir la reproduction des violences et de rompre les cycles traumatiques qui peuvent se transmettre d’une génération à l’autre.

La protection de l’enfance exige un investissement durable dans la prévention, l’accompagnement et la présence de professionnels qualifiés auprès des jeunes et de leurs familles.

Le SNASEN UNSA appelle les pouvoirs publics à tirer toutes les leçons de ce nouveau fait dramatique en renforçant non seulement les procédures de signalement et de traitement des plaintes, mais également les moyens humains consacrés à la prévention et à la protection de l’enfance.

Parce qu’aucun enfant ne devrait voir sa souffrance ignorée. Parce qu’aucune alerte ne devrait rester sans réponse. Parce que protéger les mineurs exige des actes, des moyens et une volonté politique à la hauteur.

Contact presse : Annie Buttard co secrétaire générale SNASEN UNSA 06.95.15.27.64

Communiqué de presse: protéger les enfants exige des réponses rapides, mais surtout des moyens à la hauteur des enjeux