Le ministre de l’Éducation nationale annonce la création d’un « défenseur des droits de l’enfant à l’Éducation nationale ».
Cette annonce interroge profondément, tant elle apparaît incohérente, redondante et potentiellement dangereuse.

Il existe déjà un Défenseur des enfants, intégré au Défenseur des droits, dont les missions sont clairement établies : veiller au respect des droits de l’enfant, notamment en matière d’éducation, de santé et de protection contre les violences. Cette autorité indépendante agit, alerte et dénonce régulièrement les manquements de l’Éducation nationale, en particulier en matière de prévention et de protection de l’enfance.

Avec le Défenseur des droits, le Défenseur des enfants a formulé de nombreuses préconisations, parmi lesquelles le renforcement indispensable des services sociaux scolaires à tous les niveaux du système éducatif, afin d’accompagner les élèves comme l’ensemble des équipes éducatives. Ces recommandations sont connues, documentées… et insuffisamment suivies d’effets.

Pour le SNASEN-UNSA, créer une fonction annexe au sein même du ministère, alors qu’une autorité indépendante existe et travaille déjà sur ces questions, revient à contourner plutôt qu’à renforcer la protection des droits de l’enfant. Placé aux côtés du médiateur de l’Éducation nationale, ce nouveau « défenseur » risque en outre de créer une confusion préjudiciable : s’agit-il de protection des droits ou de médiation administrative ?

Par ailleurs, les circuits de signalement des faits de violences à l’Éducation nationale sont déjà multiples, complexes et parfois mal compris par les personnels eux-mêmes. Ajouter une strate supplémentaire n’apportera ni clarté ni efficacité.
La véritable urgence est ailleurs : donner des moyens, améliorer la lisibilité des dispositifs existants, reconnaître et entendre les professionnels de terrain. Les experts existent déjà à l’Éducation nationale, mais leurs alertes restent trop souvent ignorées.

Créer un nouveau poste, c’est finalement avouer l’insuffisance des politiques menées, conséquence directe d’un manque d’investissement durable dans l’école et dans ses services sociaux.

Ironiquement, on peut se demander si le ministre était sourd aux rapports existants, par méconnaissance du rôle du Défenseur des enfants, ou s’il pense qu’un dispositif interne fera mieux qu’une autorité indépendante.

Nous invitons le Ministre ainsi à se replonger dans les rapports du défenseur des droits et à appliquer les préconisations !

Pour le SNASEN-UNSA, la protection des droits de l’enfant ne passe pas par un affichage supplémentaire, mais par des actes concrets, des moyens renforcés et le respect des instances existantes.

Défenseur des droits de l’enfant : une annonce qui interroge l’action du ministère