Il y a un an presque jour pour jour les personnels sociaux se mobilisaient en masse pour sortir de
l’invisibilité dans laquelle les enferme depuis trop longtemps le ministère de l’éducation nationale et
de l’enseignement supérieur
Un millier de participants, soit près du tiers de la profession au niveau national, sont venus témoigner
du rôle essentiel qu’ils exercent au quotidien auprès des élèves, des étudiants et des personnels mais
aussi manifester leur colère auprès de leur ministre de tutelle qui reste muet devant la dégradation
des conditions de vie des publics accompagnés et de travail de ses agents.
Si ce mouvement a permis une revalorisation du régime indemnitaire de la profession, de nombreuses
revendications légitimes sont restées lettre morte.
Dans ce contexte de méfiance généralisée, l’annonce des assises de la santé scolaire comme une des
priorités ministérielles renforce aujourd’hui le sentiment d’inquiétude et d’incompréhension profond
des personnels sociaux.
Dès 2020 lors de la parution du rapport de la cour des comptes « les médecins et les personnels de la
santé scolaire », le SNASEN Unsa avait déjà dénoncé le procès fait aux personnels sociaux. Alors
nommés de façon désuète personnels « d’assistance sociale » d’un service de santé scolaire, le service
social était déclaré contraint de se rénover au prétexte d’une possible défaillance de la politique de
santé des élèves consécutive à la pénurie des médecins scolaires.
Le manque de personnel ne doit en aucun cas conduire à la décentralisation des services sociaux. Tous
les rapports s’accordent pour dire, qu’à moyens constants, les projets de déconcentration ou
d’externalisation n’apporteront pas d’amélioration au service public rendu.
Le service social des élèves est pourtant régulièrement instrumentalisé dans les discours politiques
réducteurs en faveur d’une réorganisation voire d’une décentralisation au risque de sacrifier la
politique sociale qui contribue, comme celle de la santé, à l’ambition éducative portée par l’école
républicaine.
Pourquoi le ministère reste sourd à la publication d’autres rapports tels que ceux de la défenseure des
droits, de la CIVIISE ou du CESE qui préconisent de renforcer les moyens du SSFE aux cotés de
nombreux acteurs de terrain et d’observateurs avertis ?
La grande consultation nationale en ligne que le ministère appelle à renseigner en nombre sur Eduscol
est vécu dans ce contexte comme une provocation
Le questionnaire confirme à nos yeux l’invisibilité des personnels sociaux : notre métier n’est pas bien
intitulé, des questions ne nous concernent pas directement, d’autres semblent découvrir ce qui fait
déjà le cœur de notre action auprès des élèves en collaboration avec les équipes.
Quel mépris pour les personnels sociaux de la part de la DGESCO d’interroger les parents d’élèves, les
lycéens et l’ensemble des autres personnels sur le maintien ou non du service social des élèves au sein
de l’éducation nationale ! Quelle légitimité leur accorder à décider de l’évolution du cadre de travail
de services qu’ils méconnaissent ?
Cette question, intrinsèquement biaisée, interroge sur l’intention profonde du ministère à profiter de
ses assises pour restructurer les services sans les personnels concernés et cela, contrairement à tout
ce qui avait été promis lors des consultations préalables initiées dans le cadre du dialogue social
Comment faire encore confiance à nos interlocuteurs dans ce contexte de colère ?
Aucune enveloppe budgétaire n’est annoncée à ce jour pour valoriser et rendre attractifs nos métiers
Les premiers groupes de travail témoignent que le ministère porte sur la santé globale un regard
encore très réducteur, concentré sur le bienêtre physique et moral, tendant à médicaliser y compris
les problématiques sociales. La plus-value de l’expertise du service social dans des domaines tels que
le soutien à la parentalité, l’accès aux droits, la protection de l’enfance, la mobilisation du réseau
partenarial reste sous-estimée voire niée
Quelle ambition ministérielle à moyens constants ?
« Faire mieux » ne dépend pas que d’une réorganisation des services, de l’expertise des personnels ou
de leur engagement au quotidien auprès des élèves.
L’efficacité de la politique éducative sociale et de santé que tout le monde appelle de ses vœux dépend
surtout de la responsabilité du ministère, de sa réelle ambition à porter un projet ambitieux et
répondant aux besoins identifiés mais aussi de mobiliser les moyens nécessaires pour les atteindre Il
est impératif que la reconnaissance et la valorisation de notre profession soit au cœur des débats, pour
attirer et retenir de professionnels engagés et compétents
Le SNASEN Unsa rappelle ses lignes rouges

  • Le refus du pilotage du service social par un médecin ou tout autre hiérarchie au sein d’un
    service médico-social.
  • Le maintien d’un service social piloté par des pairs, CTSS, qui contribuent avec les AS à
    l’expertise sociale au différents niveaux de gouvernance
  • Le refus d’une intervention dans le 1er degré à moyens constants
    Pour ne pas se satisfaire d’un pansement sur une jambe de bois et faire des assises une véritable
    opportunité de progrès, le SNASEN continuera de porter toutes ses revendications pour un service
    social de qualité pour tous
    Face aux énormes défis de prévention et de protection de l’enfance, de lutte contre les violences
    familiales, la présence d’un service social tout au long de la scolarité de l’école au lycée, en proximité
    direct des mineurs et en soutien de ceux qui les forment, représente un investissement social pour
    l’enfance et la jeunesse
Déclaration SNASEN UNSA du 26 Mars 2025 groupe de travail métier « assistant de service social »dans le cadre des assises de la santé scolaire