Accueil > Revendications > Moyens > Le SNASEN interpelle le Ministre concernant l’application du plan d’éducation (...)

Le SNASEN interpelle le Ministre concernant l’application du plan d’éducation prioritaire !

jeudi 20 mars 2014, par Tiphaine Jouniaux

Lettre ouverte à Monsieur PEILLON
Ministre Education Nationale


Le service social du Ministère de l’Education Nationale, à l’interface entre le social et l’éducatif est le témoin privilégié qu’aujourd’hui l’école exclut. Les missions d’accompagnement social exercées par le service social spécialisé de prévention au sein du MEN trouvent ses limites quand le contexte n’est pas suffisamment intégrateur voire quand le système élitiste existant met en concurrence les élèves, les personnels, les établissements et génère de la violence symbolique et factuelle.
Le SNASEN Unsa Éducation s’inscrit favorablement dans la dynamique de refondation de l’école et souhaite profiter de cette évolution vers une école davantage bienveillante et inclusive pour faire reconnaitre les compétences du travail social et sa contribution au nouveau projet éducatif.
Le SNASEN UNSA éducation se félicite de l’inscription de la politique sociale dans la politique éducative du MEN qui confirme "l’attachement du MEN au maintien des missions des personnels sociaux qui participent pleinement au service public d’éducation"
Encore faut-il que le ministère assure à sa politique éducative, sociale et de santé la cohérence et les moyens de son ambition.
La refondation de l’école doit bénéficier à tous les élèves dans le cadre du droit commun. La création de 100 postes d’assistants de service social en deux ans (2013 - 2014) est un engagement significatif du MEN dans l’attente du plan de rattrapage triennal que le SNASEN UNSA éducation envisage de réclamer dans le cadre de groupes
métiers.
Le plan « éducation prioritaire » prévoit quant à lui des postes d’assistants de service social « en plus » dans 100 REP+ et leur intervention dans le primaire dès la rentrée
2014
Les 50 postes créés pour la rentrée 2014 ne peuvent mathématiquement suffire à satisfaire cette ambition qui nécessiterait à elle seule la création de 350 postes d’assistants de service social à l’horizon 2015.
Le SNASEN UNSA Education s’inquiète de l’application du plan éducation prioritaire « à marche forcée » dans les académies qui risque de : - Détourner les moyens attribués au service social sur les seules zones
d’éducation prioritaire sans pour autant satisfaire l’ensemble des besoins qui y
seraient repérés (50 pour 100 REP+)
- Délaisser les zones rurales isolées ou tout autre secteur qui nécessitent une
intervention de service social tout aussi conséquente
- D’acter l’intervention du service social dans le primaire des REP + sans
aucune concertation (celle autour des missions n’est pas encore engagée
avec le MEN)
Le SNASEN UNSA Éducation s’interroge sur les incohérences entre les annonces faites de la part du ministère dans le cadre de la concertation des groupes métiers et les décisions prises de fait pour la rentrée 2014. A quoi sert de poursuivre les négociations si le ministère prend par ailleurs des décisions qui les impactent ?
Si l’intervention en primaire pouvait trouver pour le SNASEN tout son intérêt en termes de prévention dans le cadre de la refondation, il n’est pas possible de l’envisager à moyens constants. En fonction des moyens attribués, les missions et les modalités d’interventions spécifiques resteraient à préciser.
Il demande au MEN de clarifier au plus vite sa politique sociale en faveur des dispositifs de l’éducation prioritaire alors qu’il vient de créer 500 postes d’APS et que les personnels sociaux restent injustement exclus du bénéfice du régime indemnitaire spécifique aux REP.

Le service social des personnels reste par ailleurs le grand oublié de la politique sociale du MEN. Dans le cadre de la politique sociale et de santé en faveur des personnels qui contribue à la refondation de l’école, le MEN devrait programmer des moyens pour conforter les missions du service social spécialisé du travail et sa gouvernance. Le taux actuel de prise en charge est en moyenne de 5000 personnels par assistant de service social (sans compter les retraités) alors que le taux de prise
en charge est de 2500 dans les autres ministères.
Le SNASEN UNSA éducation dans sa volonté de réformisme a investi depuis plusieurs semaines le chantier que le Ministère a lancé avec une volonté déterminée de voir "mieux identifier nos missions pour une meilleure reconnaissance de nos métiers" (objectif annoncé officiellement par le ministre de ces groupes métiers)
Le SNASEN UNSA éducation restera vigilant à ce que les moyens soient à la hauteur et en cohérence avec la politique annoncée et qu’ils soient réparties en concertation dans le respect du dialogue social.


Fait le 13 mars 2014