Accueil > Métier > Missions > La lutte contre la pauvreté pour la réussite scolaire Quelle contribution du (...)

La lutte contre la pauvreté pour la réussite scolaire Quelle contribution du ministère de l’éducation nationale ?

lundi 21 octobre 2019, par Cege

Communiqué de presse
Le SNASEN UNSA dénonce la diminution de l’enveloppe des fonds sociaux programmée dans le PLF 2020 au prétexte de la sous-utilisation de l’enveloppe existante.
Comment justifier ce choix d’économie financière quand la stratégie gouvernementale de prévention et de protection de l’enfance affiche comme objectif de garantir à chaque enfant les mêmes chances et les mêmes droits ?

Quelle cohérence avec la stratégie de lutte contre la pauvreté qui s’attache à garantir au quotidien les droits fondamentaux aux enfants et réduire les privations du quotidien par la mise en place de petits déjeuners gratuits ?

Le rapport 2019 de l’observatoire des inégalités en France rappelle que 5 millions de personnes vivent avec moins de 855 euros par mois. Le taux de pauvreté atteignait les 8 % en 2016.
« Les enfants pauvres n’existent pas. Leur pauvreté, c’est celle de leurs parents, liée au chômage, aux bas salaires, aux faibles montants des prestations sociales, aux ruptures familiales et aux discriminations.
La situation des inégalités scolaires semble figée. La démocratisation sociale évolue peu »

Il est donc urgent de sortir des effets d’annonce et d’interroger les raisons de la sous-utilisation des fonds sociaux existants plutôt que de les diminuer.
Pour lutter contre le non-recours et la pauvreté, le SNASEN UNSA propose :
-  D’engager au sein de l’institution scolaire la campagne culturelle contre la discrimination pour précarité sociale et contre tous les stéréotypes qui persistent autour de la difficulté sociale,
-  D’assurer les conditions de respect de la vie privée des familles,
-  De privilégier l’accès au droit commun sur les fonds sociaux souvent sollicités à défaut d’ouverture de droit à la bourse nationale ou en complément du fait de la faiblesse de son montant.

Le service social en faveur des élèves est le témoin privilégié de la précarisation financière grandissante des familles.
Les conditions de vie et matérielles des élèves sont un des facteurs majeurs de réussite scolaire. Les assistants.es de service social œuvrent quotidiennement au sein des établissements scolaires en tant que conseiller social de l’institution pour mobiliser l’ensemble de la communauté éducative dans la lutte contre les inégalités scolaires, entre autres en investissant davantage le volet social des projets d’établissement.
Le SNASEN UNSA souscrit entièrement à la déclaration de Mr DELAHAYE, ancien DGESCO, auteur du rapport 2015 « Grande pauvreté et réussite scolaire, le choix de la solidarité pour la réussite de tous » :
Les fonds sociaux ne sont pas une aumône faite aux pauvres. Ces crédits sont délégués aux établissements par la République qui n’oublie pas que la fraternité donne tout son sens à notre devise. Ces crédits répondent à des besoins ... / ...
Effectuer sa scolarité dans les meilleures conditions possibles est un droit que nous devons garantir à tous les élèves. Ne faisons pas d’économies sur les crédits destinés aux pauvres !